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La place de l’enfant dans l’accompagnement

Dans les différents services de l’association, la question de la place de l’enfant est intégrée dans les prises en charge:

- En se préoccupant de l’enfance du patient

- En s’attachant à accompagner la personne à devenir ou à être parent

- En soutenant l’enfant d’un parent addict.

Mais se pose également la question très concrète de la présence « physique » de l’enfant lors des entretiens avec son parent. Dans la majorité des situations, le patient n’est pas accompagné de son enfant, mais il peut être présent au travers de ce qu’il en dit (ce qu’il ressent pour lui, ce qu’il vit avec lui), et la relation parent / enfant devient une dimension à part entière de la prise en charge. Mais parfois, l’enfant est là...

Comment composer avec cette surprise de la présence de l’enfant ? 

Si cette question traverse toutes les équipes de l’association, elle se pose plus particulièrement au Fil Rouge, équipe mobile de prise en charge parentalité/addiction. En créant ce dispositif, l’association a souhaité développer un accompagnement plus spécifique lié au maintien des liens entre l’enfant et ses parents. Parce qu’axés sur la prise en charge de l’addiction, les CSAPA n’ont pas toujours la possibilité d’explorer jusqu’au bout cette relation.

 

Or, Lorsqu’elle concerne une mère, un père ou un parent en devenir, la problématique addictive est d’autant plus stigmatisée. S’il est courant de considérer que la relation avec l’enfant peut être établie ou rétablie lorsque le parent va mieux et que l’on s’est occupé de son addiction, l’expérience montre qu’il est possible d’envisager l’accompagnement en incluant d’emblée la préoccupation de la relation parent/enfant dans le projet de soins malgré les problématiques de consommations.

 

Comment les professionnels intègrent cette préoccupation de l’enfant dans l’accompagnement ? 

La posture professionnelle est différente selon que l’enfant est en bas-âge, plus âgé ou à naître:

  • Pendant la grossesse, le bébé est là sans être là. Le travail consiste à le faire exister à un moment où la mère est confrontée à toute une série d’interrogations sur elle-même, auxquelles viennent souvent s’ajouter des craintes et des inquiétudes quant à sa capacité à être mère.

  • Lorsque l’enfant est un nourrisson, les professionnels observent comment la mère est en relation avec son enfant, comment elle répond à ses sollicitations, comment elle le porte… Plutôt que d’adopter une posture uniquement éducative et de transmission de savoirs, il va s’agir d’être dans la rencontre, d’échanger à partir de l’expérience de la maman et ce, afin d’installer la confiance.

  • Quand l’enfant est plus grand, l’équipe apporte son aide pour que la séparation ne soit pas trop angoissante et veille à ce qu’un processus de parentification ne s’installe pas pour que l’enfance puisse être vécue pleinement.

 

Le professionnel doit toutefois prendre en compte le support de projection que peut constituer la relation parent /enfant pour le patient, mais aussi pour lui-même.

 

Penser des espaces spécifiques d’accueil ?

La présence de l’enfant au moment des entretiens avec son parent, qui n’est pas forcément prévue ni anticipée, incite les professionnels à réfléchir à des modalités d’accueil adaptées. En effet, lorsque le patient est accompagné de son enfant, l’attention du professionnel est naturellement tournée vers l’enfant et vers ce qu’il observe des interactions avec son parent. L’enfant occupe l’espace, il se déplace, il dessine, il s’introduit dans le dialogue… les échanges sont régulièrement interrompus, l’entretien se déroule de manière moins fluide, et s’oriente inévitablement sur le lien parent/enfant.

 

Quand il est tout petit, il est difficile d’envisager que l’enfant soit séparé de son parent le temps de la consultation. Dans ce cas, le professionnel peut entrer en relation avec l’enfant, lui parler, lui tendre un objet, observer comment il s’en saisit, comment le parent réagit, comment il est possible ou non d’établir une complicité avec lui. Lorsqu’il est plus grand, l’enfant est en capacité de s’adapter à la présence d’un tiers sans son parent. Il peut donc être prévu un espace d’accueil spécifique avec un autre professionnel, le temps de l’entretien du patient. Un accueil par un binôme pluridisciplinaire peut également être envisagé.

 

La clinique du lien : le cœur du travail 

L’équipe du Fil Rouge est donc invitée à construire des modalités de rencontres simultanées du parent et de l’enfant qui favorisent l’accélération de la dynamique psychique. Dans les autres services, malgré la présence parfois imprévue de l’enfant, il semble important de conserver des espaces d’échange avec le patient à propos de la prise en charge de sa problématique addictive, sans exclure le travail sur la relation parent/enfant.

 

Il arrive fréquemment dans les prises en charge en ambulatoire, que les professionnels soient amenés à proposer un soutien aux pères pour qu’ils investissent ou réinvestissent leur place auprès de leur enfant. Cela est proposé aussi en appartement thérapeutique où la possibilité d’accueillir temporairement l’enfant est offerte.

Coopérations avec les partenaires de la petite enfance

L'établissement de coopérations avec les partenaires de la petite enfance est nécessaire pour proposer des suivis qui soient de nature à préserver les liens familiaux. En effet, les structures non spécialisées en addictologie ont une attente forte et sollicitent les services d'Addiction Méditerranée en appui sur des situations qu’elles considèrent comme instables et préoccupantes à cause des consommations de produits psychoactifs.

 

Part importante de l’activité, la sensibilisation des acteurs du champ de la périnatalité permet l’organisation de prises en charge pluridisciplinaires qui, tout en portant une attention particulière au développement de l’enfant préserve la place des parents en situation d’addiction.