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Accompagner les personnes hébergées avec leur consommation

Au fil des années la façon de penser le dispositif « Appartements » a évolué. D’abord conçu comme un outil du soin, il est aujourd’hui considéré comme un accompagnement à part entière dont le soin est un des outils. Cette structuration de la prise en charge autour de l’hébergement permet de considérer autrement les conduites addictives et de les intégrer dans un accompagnement plus global vers l’insertion.

 

L’abstinence ne conditionne donc pas l’hébergement, pas plus que la possibilité d’accéder à un logement à court ou moyen terme. L’objectif est de construire un projet avec la personne en tenant compte de là où elle en est avec ses consommations. L’aider petit à petit à exister autrement qu’au travers de ses usages, en habitant un lieu, en accédant à ses droits, c’est favoriser son insertion.

L'origine des demandes

Les personnes accueillies sont orientées par des dispositifs spécialisés en addictologie (ambulatoire ou résidentiel), par des dispositifs de droits communs, ou dans le cadre d’une sortie de sevrage ou d’incarcération. Pour la plupart d’entre-elles, les personnes ont un vécu institutionnel important et disent souvent ne plus pouvoir s’en sortir seules. Elles expriment le besoin d’être mises à l’abri, de mettre à distance un environnement qui ne leur permet plus de prendre soin d’elles malgré un accompagnement en ambulatoire.  L’appartement leur permet d’évoluer dans un lieu protecteur.

 

Le contrat de séjour

C’est lors de la rencontre entre la personne et l’équipe éducative que la possibilité d’un accompagnement et l’adhésion à celui-ci sont évaluées. Le contrat de séjour est le support qui formalise le projet élaboré avec la personne, il est l’outil de référence à partir duquel va se construire l’accompagnement. D’une durée de 4 mois, le contrat de séjour peut être renouvelé jusqu’à deux ans de prise en charge. Il prévoit :

  • Une visite à domicile et un rendez-vous sur le lieu d’accueil une fois par semaine et plus si nécessaire

  • Un accompagnement dans les démarches à l’extérieur

  • La possibilité de participer à des ateliers collectifs.

Adapté à chaque personne hébergée, le contrat de séjour a pour objectif de soutenir un projet tendant vers l’autonomie. La durée de l’accompagnement varie, et pour certaines personnes il peut être nécessaire de le prolonger au-delà des deux ans de prise en charge en proposant une orientation sur un autre dispositif (maison relais, résidence sociale etc.).

 

L'accompagnement

La plupart du temps, l’accompagnement sur l’appartement vient en complémentarité des suivis en addictologie ou en psychiatrie dont bénéficient les personnes à l’extérieur. Il se centre sur la gestion du quotidien, l’accès aux droits, les démarches à l’extérieur.

Cette clinique de proximité  et la fréquence des rencontres permettent de travailler à partir de ce que les personnes adressent à l’équipe, lui donnent à voir chez elles de leur surconsommation (en laissant traîner des bouteilles par exemple) qu’elles n’arrivent pas toujours à verbaliser avec leur soignant. Les professionnels de Baïta sont les premiers destinataires de leurs difficultés, de leur mal-être aussi parce qu’il n’y a pas d’interdit au niveau de la consommation dans l’appartement.

Le fait pour les usagers de ne pas avoir à cacher permet de tisser avec l’équipe une relation de confiance et de proposer un cadre contenant qui la positionne parfois en médiateur entre eux et leur soignant.

 

Au-delà de retrouver l’envie et la capacité d’habiter un lieu, on observe que l’accompagnement en Appartement Thérapeutique favorise la diminution voire l’arrêt des consommations notamment grâce aux possibilités de liens de proximité qui sont proposés (visites à domicile, rendez-vous, ateliers, brunchs etc.). Ces espaces permettent aux personnes de réinvestir des relations autrement.

Il faut cependant être vigilants à ce que la dépendance ne se déplace pas vers les professionnels et que la séparation ne soit pas trop angoissante pour la personne. Le maintien du lien sur leur nouveau lieu de vie prévu dans le cadre de la mise en place du service de suite permet d’assurer une transition progressive et plus d’autonomie.