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La distribution de matériel de Réduction des Risques

Accueillir les usagers sans conditions, là où ils en sont, est un principe fondateur des différents services d'Addiction Méditerranée. Pour ceux qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas arrêter leurs consommations, les CSAPA mettent en œuvre une stratégie d’intervention qui permet de diminuer les dommages qu’occasionnent certains usages. La distribution de matériel s’inscrit dans une stratégie de Réduction des Risques globale, qui se décline dans les différents services, de la prévention au soin.

 

La réduction des risques ne se limite pas à la distribution de matériel. Elle concerne l’ensemble des usages et notamment d’alcool. L’aide apportée aux patients tout au long de l’accompagnement consiste à identifier avec eux les moyens de se protéger et de protéger autrui, et ainsi faire des choix qui contribuent à éviter les risques sanitaires et sociaux.

 

Dans le cadre de leurs missions obligatoires, les CSAPA sont amenés à proposer et promouvoir du matériel visant à prévenir les risques infectieux et  les risques septiques : préservatifs, kits d’injection, kits hygiènes, kits snif, stérifilts.   

 

Que les personnes soient suivies ou non au CSAPA, elles peuvent venir chercher du matériel. Cette proposition contribue à entrer en contact avec les usagers les plus marginalisés surtout sur les territoires où où il n’existe pas d’autres structures spécialisées qui délivrent du matériel.

La possibilité d’obtenir du matériel est présentée lors du premier accueil, notamment aux usagers qui sont ou qui ont déjà été injecteurs. La délivrance se fait dans le cadre d’un entretien avec l’infirmier, dans un lieu clos et sans rendez-vous. Si l’infirmier n’est pas présent, les autres professionnels peuvent eux aussi donner du matériel.

La plus-value de l’entretien avec l’infirmier réside dans sa compétence spécifique à aborder les usages et les pratiques d’usages avec les personnes accueillies. Il est l’occasion également d’ouvrir la discussion sur les risques encourus et la nécessité d’un dépistage, sur la prévention liée aux piercings, sur les pratiques sexuelles, etc.  Echanger dans le détail sur les produits consommés et la façon de le ou les consommer permet d’apporter des conseils personnalisés.

 

Lorsque les usagers sont suivis dans le cadre d’un traitement de substitution à l’extérieur, l’échange avec un professionnel du CSAPA permet de proposer du matériel approprié et d’adapter le traitement de substitution si besoin.

 

La distribution de matériel est donc un véritable support pour informer sur les risques associés et conseiller les usagers dans leurs pratiques. Cependant, la confiance s’établit  par « petites touches ». La relation, tout comme le changement des pratiques de consommations peuvent mettre du temps à s’installer chez des usagers souvent en situation « d’errance thérapeutique ». On l’observe d’autant plus chez les anciens injecteurs, pour qui il est plus difficile de changer les habitudes et de proposer du matériel de type stérifilt ou filtre toupie (absent dans les stéribox), matériel qui permet de mieux prévenir les dommages liés à l’injection (obstruction des veines, gonflement des mains etc.).

La distribution de matériel occasionne des rencontres avec un public souvent très précarisé. Si elles ne débouchent pas forcément sur une prise en charge, elles favorisent l’accès aux droits et l’orientation vers les dispositifs de droits commun si nécessaire.