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Les « nouveaux » traitements utilisés dans la prise en charge des addictions

La prise en charge médicale des addictions évolue régulièrement avec l’introduction de médicaments faisant l’objet de nouvelles recommandations dans le cadre de leur prescription à des patients consommateurs de substances psychoactives.

 

Ces thérapeutiques comme le Baclofène, le Selincro ou la Suboxone nécessitent une réflexion permanente sur les modalités de prise en charge et leur adaptation posologique pour prendre soin au mieux des patients. Le médicament est un outil pour la prise en charge. La réussite de sa prescription est largement conditionnée par l’accompagnement global qui est proposé, même s’il peut parfois avoir un effet « magique » tel qu’attendu par le patient.                                                                                            

Le Baclofène

A l’origine, le Baclofène est un agoniste des récepteurs du GABA (acide gamma amino­butyrique) et bénéficie d’une RTU (Recommandation Tempo­raire d’Utilisation) qui légitime sa prescription aux patients suivis pour leur addiction à l’alcool. En inhibant les neurones qui li­bèrent la dopamine, le Baclofène diminuerait l’envie de consommer de l’alcool. Il est utilisé dans le cadre du maintien de l’abstinence ou de la réduction de la consommation pour atteindre un niveau plus faible. La posologie augmente jusqu’à ce que le sentiment de « craving » disparaisse. 

 

Les motifs de la prescription de Baclofène aux patients sont divers :  

  • Certains usagers sont orientés par des médecins généralistes qui initient la prescription mais qui souhaitent qu’un spécialiste prenne le relais pour réévaluer et poursuivre la prise en charge.

  • D’autres usagers passent la porte du CSAPA en demandant une « pilule miraculeuse » pour arrêter de boire.

  • Pour d’autres encore, le Baclofène va être proposé suite à un sevrage pour maintenir l’abstinence, ou lorsque les traitements disponibles ont échoué.

Des précautions sont cependant prises en cas de niveau important de consommation, situations dans lesquelles d’autres options peuvent être envisagées, par exemple celle du Selincro.

 

L’expérience auprès d’une file active traitée par le Baclofène montre qu’il n’est pas possible à ce jour d’identifier des critères fiables (âge, sexe, caractères physiques ou somatiques…) pour définir la durée de prise en charge, la posologie et les conditions de réussite de ce traitement. Cependant, lorsque la prescription fonctionne, les médecins observent une efficacité supérieure (comparativement aux autres médicaments disponibles) qui aboutit rapidement à une forme d’indifférence du patient à l’alcool.

 

Le traitement nécessite cependant un suivi régulier pour adapter la posologie jusqu’à ce que le patient obtienne un équilibre, un confort au prix d’effets secondaires les plus réduits possibles. Il faut également l’informer des risques liés à l’arrêt brutal de traitement. Le traitement peut durer plusieurs mois afin que la situation (somatique, d’hébergement, professionnelle etc.) se stabilise.  

 

Intégrée dans la prise en charge psychologique et sociale du CSAPA, la prescription de Baclofène s’appuie sur le vécu des usagers. Leur ressenti, au regard des effets recherchés ou indésirables, enrichit la connaissance médicale et guide la prise en charge. Cet équilibre entre expertise et expérience permet également de réfléchir sur des associations possibles, notamment avec l’Aotal qui peut permettre de réduire la posologie du Baclofène et donc ses effets secondaires (somnolence, troubles du sommeil etc.).

 

Le Selincro

Sorti en octobre 2014, le Selincro ne vise pas à obtenir l’abstinence, il est prescrit à des usagers consommateurs dans un objectif de réduction des risques. Par exemple, pour les patients dépendants, mais en capacité d’anticiper les prises d’alcool, la prescription de Selincro peut leur être proposée comme une piste supplémentaire pour diminuer la consommation.

Le Suboxone 

Le Suboxone a pour objectif de décourager le mésusage de la Buprénorphine par voie intraveineuse en supprimant la sensation de « montée » opiacée et en provoquant l’apparition de symptômes de sevrage liés à la présence de Naloxone. Autorisée depuis 2012, ce médicament soulève des interrogations. Tout d’abord, dans la réalité, certains patients ont des effets opiacés différés. Ce médicament a montré une efficacité particulière chez les patients qui pratiquent huit injections de Subutex® par jour, mais ces derniers ne représentent qu’une très faible proportion des patients suivis. Par ailleurs, sa prescription peut être vécue par l’usager comme une punition, ce qui risque d’impacter la relation thérapeutique. Enfin, les patients sous Subutex® ont rarement envie de changer de traitement.

 

Le Suboxone est donc rarement prescrit, sauf pour certains patients n’ayant jamais été sous substitution ou pour ceux qui sont mal équilibrés à 16 mg de Subutex® (La dose maximale pour la Suboxone étant de 24mg) ou encore pour des patients qui souhaitent réduire l’injection.